|
"Quand
nous retournâmes au Colorado, la saison avait été très sèche. Le
gibier était rare. Le Seigneur bénit frère Wheeler et lui donna un
beau trophée comme j'en désirais depuis vingt ans! Il y a longtemps que
frère Banks et moi en cherchions un, mais passant d'une région chaude
à une région froide, mon fusil s'était déréglé et j'atteignis
l'animal, qui se tenait entre deux arbres, plus bas qu'il n'aurait fallu
pour le tuer sur le coup. Mais malgré que je l'ai touché si haut,
il fit un bond et sembla tomber ainsi.
Billy
qui était avec moi dit: "Tu l'as eu." Je le croyais
moi aussi. Mais quand nous nous rendîmes sur place il n'y avait rien.
Il me dit alors: "Tu as touché un arbre." J'ai
regardé partout: il n'y avait aucune trace sur un arbre. J'ai poursuivi
mes recherches. C'est à ce moment qu'il y eut un signe avertisseur. il
y avait une centaine d'hommes un peu plus haut que là où nous
étions. Frère Palmer et les autres en sont témoins. Frère Welch
Evans était aussi là avec son garçon Ronnie. (Je crois que je lui ai
téléphoné il y a un certain temps.) Une quantité d'hommes étaient
montés plus haut que là où nous étions, dans ce qu'on appelle un
"camp de vaches", là où se tiennent les cow-boys pour garder
les troupeaux de vaches séparés les uns des autres. Autrefois j'allais
dans ce camp moi-même pour m'occuper du bétail et garder les troupeaux
séparés.
Il
y avait là-haut une centaine d'hommes environ. Mais chacun sait que
dans ce pays quand la radio annonce une tempête, il vaut mieux s'en
aller immédiatement. C'est pourquoi frère Palmer et les autres
étaient partis plus tôt, n'ayant qu'une voiture à trois vitesses. Il
fallait qu'ils quittent cet endroit à cause du mauvais temps car vous
savez, autrement on peut rester bloqués là pendant des semaines. Les
prévisions météorologiques, les journaux et la radio avaient annoncé
une tempête de neige. Un groupe après l'autre, ils partirent
pratiquement tous de ce camp là-haut parce qu'ils savaient que c'était
le moment.
Mais
mes frères avaient un permis de chasse pour deux cerfs et ne voulaient
pas partir. J'ai donc dit: "Nous resterons!" Mais
j'avais une réunion six jours plus tard et devais rentrer à Tucson.
Ainsi
ma petite femme... Nous sommes mariés depuis vingt-deux ans. Et depuis
vingt ans, pour notre anniversaire de mariage, je suis toujours monté
là. J'ai là un petit coin où je me retire toujours pour prier, et il
ressemble à l'endroit où je l'avais amenée.
Vous
voyez, je n'avais pas assez d'argent pour faire à la fois une
expédition de chasse et un voyage de noces, alors j'ai pris ma femme
avec moi à la chasse en guise de voyage de noces. Nous étions à New
York et je me rappelle l'avoir aidée à enjamber des troncs et autres
obstacles et l'avoir conduite à ces endroits. J'ai un petit coin là-bas
et je pense toujours à elle quand j'y vais le jour de notre
anniversaire de mariage, le 23 octobre. C'est
le jour de l'ouverture de la chasse, et depuis vingt ans, je n'ai jamais
été à la maison ce jour-là, mais toujours là-haut.
Ainsi
donc, ce jour était notre anniversaire. Le soir, autour du feu de camp,
je dis aux frères: "Si vous voulez rester, rappelez-vous que
nous pouvons être bloqués ici pendant un mois!" Car j'ai vu
six mètres de neige tomber d'une seule nuit. Un jour il fait beau et
sec, le lendemain la neige est haute comme cela, peut-être jusqu'à
dépasser le toit de votre tente. Alors, il faut rester jusqu'à ce
qu'elle ait fondu. Vous êtes loin de tout. En cas d'urgence ils
envoient un hélicoptère, naturellement. Mais en général personne ne
périt, et il ne vous reste plus qu'à attendre là.
Après
avoir entendu les prévisions du temps tout le monde fila en vitesse. Il
ne restait plus que nous et je dis aux frères: "Maintenant,
décidez-vous. Si vous voulez rester, je reste avec vous pour chasser et
je téléphone à ma femme pour lui souhaiter un bon anniversaire.
J'irai aussi acheter des victuailles parce que nous risquons de devoir
rester ici. Nous avons manqué de pain la dernière fois et je ne veux
plus voir encore de ces crêpes! Oh, ces crêpes! J'en ai mangé au
Canada pendant vingt-et-un jours et j'en ai par-dessus la tête!" Je
voulais me procurer du pain.
Ils
dirent qu’ils désiraient rester. Il n’y avait donc rien d’autre
à faire que de rester. Frère Mann et moi descendîmes acheter les
provisions. J’appelai ma femme au téléphone, mais il n’y eut pas
de réponse. J’attendis environ une heure pendant laquelle nous achetâmes
nos marchandises, puis je retournai téléphoner, toujours sans résultat.
Alors j’appelai la sœur Evans (je crois qu’elle est ici). Oui, frère
et sœur Evans sont ici.
Sœur
Evans me dit : ‘‘J’appellerai sœur Branham et lui
souhaiterai un bon anniversaire de votre part !’’ Elle était
sortie acheter de la nourriture pour les enfants. Nous revînmes au
camp. Le matin suivant, qu’y avait-il dans le ciel ? Des nuages !
Il n’avait pas plu de tout l’automne et tout était vraiment sec. En
raison de la sécheresse la saison de la chasse fut prolongée de
quelque jours.
Ce
matin-là je dis aux frères : ‘‘A la première goutte de
pluie, au premier flocon de neige, au premier grésil, revenez au camp
au grand galop parce que quinze minutes plus tard vous ne verrez plus
votre main devant vous parce qu’alors vous serez en pleine tourmente
et vous auriez beau connaître parfaitement ce pays, si vous restez là
vous périrez. Parfois on ne peut même pas respirer tant est fort ce grésil,
et vous mourez sur place.’’ J’ajoutai : ‘‘Dès que
ce grésil commence, filez vers le camp aussi vite que vous le pouvez, où
que vous soyez.’’
Je
leur dis : ‘‘Montez là-haut et postez-vous dans les ravins.
Je monterai tout en haut et ferai rouler des cailloux pour effrayer les
cerfs afin qu’ils descendent et vous tirerez ce que vous
voudrez.’’
|
Alors
je commençai à monter là-haut et j’arrivai à un endroit
que nous appelons ‘‘
la Selle
’’, un petit
coin que je traverse toujours pour aller à un endroit appelé ‘‘Quakeknob’’
qui se trouve juste sur la ligne de partage des eaux à une
altitude passablement élevée. Au moment où j’étais presque
arrivé à cette petite Selle, les nuages devinrent de plus en
plus noirs. Toutes les voitures étaient parties, il ne restait
plus là-haut que nous et les cow-boys du camp. Cela empirait et
quelques minutes plus tard, la pluie se mit à tomber. Je mis
mon fusil à l'abri sous mon manteau pour que la lunette ne
s'embue pas et que la monture ne soit pas mouillée. Je croisai
la trace d'un ours ou de quelque chose qui passait par là,
alors je tins mon viseur ainsi et allai m'asseoir un moment sous
un arbre. Je me mis à prier : ‘‘Seigneur Dieu, Tu
es le grand Jéhovah et je T’aime.’’
Combien
d’expériences n’ai-je pas faites ! J’indiquai au frère
Palmer et aux autres frères l’endroit où j’avais vu une
fois l’aigle s’élever. Vous |

|
|
savez,
c’est l’endroit où toutes ces choses sont arrivées. Pour
moi, être là-bas est une question de tempérament. J’ai fait
tant d’expériences glorieuses avec mon Seigneur dans ces
montagnes ! Je ne peux pas monter là-haut sans Le voir. Il
est simplement partout ! |
Du
grésil se mit à tomber et le vent commença à tourbillonner comme
cela. Je me dis : ‘‘Eh bien, même si je connais le chemin
pour redescendre, il vaut mieux me mettre en route immédiatement.’’
Je
regardai vers le bas mais ne pouvais même pas voir le fond de la vallée
à cause des nuages qui se tordaient et tourbillonnaient et de ce grésil
qui chassait. La tempête était là ! Depuis plusieurs jours les
prévisions du temps avaient annoncé l’arrivée d’une grosse tempête
de neige.
Le
frère Tom Simpson est ici, venant du Canada. Il entendit les prévisions
météorologiques et on lui conseilla d’éviter cette région car on
prévoyait une tempête de neige. Où êtes-vous frère Tom ? Ah,
ici ! La tempête arrivait et chacun avait pris ses dispositions.
Je
cachai mon fusil sous ma chemise rouge et entrepris la descente. J’étais
alors à un demi mile de la ‘‘Selle’’ ; la
neige tombait à gros flocons comme ceci et le vent soufflait et
tourbillonnait dans la montagne. Je ne voyais plus le fond de la vallée.
Je pouvais voir tout au plus à vingt ou trente pieds devant moi. Je
savais que je devais arriver à cette petite arête que nous appelions
le dos d’âne, puis suivre un ruisseau. Ensuite, je savais où me
diriger si le temps se gâtait vraiment trop.
Je
me mis en route et quand j’étais à mi-chemin de la descente, Quelque
chose me dit aussi clairement que vous pouvez m’entendre maintenant :
‘‘Arrête et retourne d’où tu viens !’’
Je
me dis : ‘‘A quoi est-ce que je pense ? Ce n’est
peut-être que dans ma pensée !’’ Mais je ne pouvais
simplement plus avancer d’un seul pas.
Ce
matin-là, David m’avait remis un sandwich. Je crois qu’il cherchait
à me rendre la pareille parce qu’un jour j’avais préparé pour son
père un sandwich à l’oignon et au miel (je crois que c’était tout
ce qu’il y avait dans ce paquet. Je l’avais caché dans ma chemise,
mais maintenant il était tout mouillé. J’ai pensé : ‘‘Je
vais m’arrêter et le manger. Après, cela ira mieux.’’ Je
sortis mon sandwich et le mangeai. Il était
environ dix heures. Pendant ce temps je pensai : ‘‘Maintenant
cela ira !’’ Je recommençai à descendre, mais Quelque
chose me dit : ‘‘Retourne d’où tu viens.’’
Retourner
dans cette tempête ? Remonter un demi mile ou plus dans la
montagne, dans ces bois sombres où l’on n’y voit pas plus loin que
d’ici à cet orgue ? Je suis en train de devenir un vieillard et
il y a maintenant trente-trois ans que je suis un chrétien et je sais
que, si ridicule que cela puisse paraître, il faut toujours prêter
attention à ce que dit le Seigneur. Faites ce que le Seigneur dit !
Je
remontai jusqu’à la ‘‘Selle’’ en cherchant mon
chemin. Il tombait de plus en plus de cette neige mêlée de pluie et il
faisait de plus en plus sombre. Je m’assis, rajustai ma veste et
cachai de nouveau mon viseur sous ma chemise. Je pensai : ‘‘Qu’est-ce
que je fais ici ? Pourquoi dois-je revenir ici ?’’
J’attendis
quelques minutes. J’étais en train de me relever quand j’entendis
clairement une Voix qui dit : ‘‘Je suis le Créateur des
cieux et de la terre. C’est moi qui crée le vent et la pluie.’’ J’ôtai
mon chapeau.
Je
dis : ‘‘Glorieux Jéhovah, est-ce Toi ?’’
Il
répondit : ‘‘Je suis Celui qui a fait cesser le vent sur la
mer, Je suis Celui qui a apaisé les vagues. C’est Moi qui ai créé
les cieux et la terre. N’est-ce pas Moi qui t’ai dit de demander des
écureuils et ils sont venus à l’existence ? Je suis Dieu.’’
Quand
une voix vous parle, observez l’Écriture. Si ce n’est pas
scripturaire, laissez tomber. Même si cela est exprimé, restez éloignés
de cela !
Je
répondis : ‘‘Oui Seigneur.’’
Il
dit : ‘‘Parle à ces vents dans cette tempête et ils s’en
iront.’’ Or, cette Bible est là devant moi et toute ma vie est
en Elle.
Je
me levai et dis : ‘‘Je ne doute pas de Ta Voix,
Seigneur.’’ Puis je dis : ‘‘Nuages, neige, pluie, grésil,
je suis fâché de votre venue. Au Nom de Jésus-Christ, retournez chez
vous ! Je commande au soleil de venir immédiatement et de briller
pendant quatre jours jusqu’à ce que notre partie de chasse soit
terminée et que je parte avec mes frères.’’
Le
vent soufflait de toutes ses forces. Puis il commença à diminuer,
devint de plus en plus faible et s’arrêta !
Je
demeurai immobile. Mes frères là-haut se demandaient ce qui se
passait. Le grésil et la pluie avaient cessé. Un vent tourbillonnant
se leva qui chassa les nuages dans toutes les directions, à l’est, au
nord, à l’ouest, et au sud. En quelques minutes le soleil brilla,
radieux et chaud. C’est la vérité ! Dieu sait que c’est la vérité !
Je restais simplement là à regarder, mon chapeau à la main.
J’étais
tout engourdi.
Je
pensai : ‘‘Le Dieu même de la création. Tout est dans Sa
main ! Qu’est-Il en train de me dire par là ?’’
Je
ramassai mon fusil, essuyai la lunette et me mis à descendre la
montagne. Quelque chose me dit : ‘‘Pourquoi ne ferais-tu pas
une promenade avec Moi dans ce désert, pourquoi ne marcherais-tu pas
avec Moi ?’’
Je
répondis : ‘‘Oui Seigneur, de tout mon cœur. Marcher avec
Toi est une des choses les plus glorieuses que je pourrais faire.’’
Je mis mon fusil sur l’épaule et commençai à descendre à travers
cette forêt vierge, où jamais la hache n’avait été portée.
Tout
en suivant des pistes de gibier je pensai: "Hier était notre anniversaire
de mariage. Je vais aller à notre endroit juste un moment pour adresser
en pensée un petit salut à Meda, sur ce monticule où se dresse un
petit bosquet de trembles. Je crois que je vais aller jusque là en
souvenir de notre anniversaire. puis je redescendrai en contournant ces
bois épais et me dirigerai vers Corral Peaks en retournant par ce
chemin." Je marchais simplement et me réjouissais.
Je
disais: "Père, je sais que Tu marches avec moi; quel
privilège! Je ne pourrais pas marcher avec personne de plus grand!
C'est Dieu Lui-même!" Et quel bon soleil brillait tandis que
je quittais les montagnes!
Trois
jours plus tard je m'arrêtai à une station d'essence et dis: "Belle
journée, n'est-ce pas?" Il n'avait pas plu dans cette région
avant la fin des quatre jours. Le soleil avait brillé chaque jour.
N'est-ce pas vrai frères? Il n'y avait pas eu un nuage dans le ciel.
En
arrivant à la station d'essence je dis: C'est vraiment une belle
journée!"
-
Certainement."
Il
a fait terriblement sec."
L'employé
répondit: "Il s'est passé quelque chose d'étrange, vous
savez. Ils avaient annoncé une grande tempête de neige, mais tout à
coup elle s'est arrêtée."
Je
descendis avec mon fils Billy pour faire quelques achats près de la
frontière du Nouveau Mexique. Le matin, avant de partir, je dis à
l'employé du magasin: "Nous avons eu une belle journée!"
-
Oui, en effet.
"On
dirait qu'il a fait passablement sec."
-
Êtés-vous d'ici?"
"Non,
je viens du Wisconsin, mais je suis ici depuis vingt ans, c'est
pourquoi je crois pouvoir dire que je suis ici chez moi." Je
lui dis: "Alors vous êtes d'ici?" Il me dit: "Bien
sûr!"
Alors
je remarquai: "On dirait qu'il y a eu beaucoup de
poussière."
Il
me répondit: "Vous savez, il s'est passé la chose la plus
étrange. Les prévisions du temps avaient annoncé une tempête et
beaucoup de neige. Cela a réellement commencé, puis cela s'est
arrêté!"
Je
dis : "Pas possible!"
Puis
je rentrai à la maison, Frère Tom dit qu'on l'avait averti de ne pas
aller de ce côté car on attendait une tempête de neige. Mais il a pu
traverser toute la région sans recevoir la moindre goutte de pluie!
Dieu est toujours Dieu, vous voyez, comme Il l'a toujours été! Vous
comprenez? - [Celui Qui Est En Vous - §
76 à 122]. |