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"LA
VOIE DU TRANSGRESSEUR EST RUDE" |
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L'inondation
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Lorsque Frère Branham prophétisa sur l'inondation du Fleuve
Ohio qui allait déborder son lit de 22 pieds, presque tous, ses
collègues, ses connaissances, et même les gens qui venaient à son
église à Jeffersonvile, se moquèrent de lui. Quelques six mois
seulement cependant, ce qu'il avait vu en vision s'accomplit. Ceci
venait confirmer que ce qu'il avait annoncé était vrai et venait de
Dieu, mais aussi, cette crue était venue comme une correction que Dieu
infligeait à Son serviteur, afin de lui apprendre, une fois pour
toutes, l'obéissance à tout ce que le Seigneur lui dirait à l'avenir.
William Branham raconte sa douleur pendant cette période sombre de sa
vie.
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Un peu plus tard, quelques années plus
tard, on a eu des enfants. Et, un jour, nous... Il y a eu une inondation
en 1937. Il y a eu une inondation. Et notre... À ce moment-là je
patrouillais, et je faisais tout ce que je pouvais pour faire sortir les
gens de l’inondation, les maisons s’écroulaient. Et ma propre épouse
est tombée malade, et elle était très, très malade, d’une
pneumonie. Et ils l’ont emmenée... L’hôpital habituel était
tellement plein que nous n’avons pas pu l’envoyer là-bas; alors,
nous l’avons emmenée à -- à l’édifice gouvernemental, ils
avaient installé une salle là-bas. Et alors, après, ils m’ont
encore appelé, pour que j’y retourne. J’ai toujours vécu sur la
rivière et je suis très habile pour piloter un bateau, alors
j’essayais de ramener les gens, de les sauver de l’inondation. Et
alors, je... quelqu’un... |
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Ils m’ont appelé, en disant:
“Il y a une maison sur la rue Chestnut, qui est sur le point de s’effondrer. Il y a une mère et un paquet d’enfants à l’intérieur.” Ils disaient:
“Si tu penses qu’avec ton bateau, ton moteur, tu pourrais arriver jusqu’à eux.” J’ai dit:
“Eh bien, je vais faire tout ce que je peux.” |
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Je franchissais les lames. La digue avait été rompue là-bas, et, oh! la la!...l’eau était en train d’emporter la ville. J’y allais à pleins gaz, et finalement, en passant par les ruelles et les avenues, je suis arrivé là-bas, près de l’endroit où se trouvait la vieille digue, et l’eau y coulait à flots. J’ai entendu quelqu’un crier, et j’ai vu une mère debout sur sa galerie. Et les grandes lames qui déferlaient, comme ça. Eh bien, j’ai continué à monter dans cette direction-là aussi loin que j’ai pu, j’ai frappé le courant, je suis revenu et je suis arrivé de ce côté. J’ai arrêté mon bateau juste à temps pour l’attacher au pilier, du montant de la porte, du montant, ou, du montant de la galerie. Je me suis précipité dans la maison, j’ai empoigné la mère et je l’ai fait monter dans le bateau, avec deux ou trois des enfants. J’ai détaché mon bateau, et je l’ai amenée...
ramenée. Je suis allé beaucoup plus bas et je l’ai amenée au bord; j’ai fait environ un mille et demi [deux kilomètres
-- N.D.T.] dans la ville avant d’arriver au bord avec elle. Et, quand je suis arrivé là-bas, elle s’était évanouie. Et elle s’était mise à...
elle criait: “Mon bébé! Mon bébé!” |
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Eh bien, j’ai pensé qu’elle voulait dire qu’elle avait laissé le bébé dans la maison. Oh! la la! Je suis reparti là-bas, pendant qu’ils essayaient de s’occuper d’elle. Et j’ai fini par découvrir que c’était...
ou, qu’elle voulait savoir où était son bébé, là-bas. Il y avait un tout-petit d’environ trois ans, mais j’avais pensé qu’elle parlait d’un nourrisson ou quelque chose. |
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"La Voie Du Transgresseur Est Rude"
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Alors, je suis reparti et je me suis rendu là-bas. Et, quand j’ai eu attaché le bateau, je suis entré et je n’ai pas trouvé de bébé, et alors la galerie a cédé et la maison s’est écroulée. J’ai couru à toute vitesse et j’ai saisi
la -- la pièce de bois qui retenait mon bateau, je suis monté dans le bateau, j’ai tiré et je l’ai détaché. |
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Avec tout ça, je m’étais retrouvé dans le courant de la rivière principale. Il était peut-être onze heures et demie du soir, il tombait de la neige fondue et de la neige. J’ai saisi la corde de démarrage, j’ai essayé de mettre le bateau en marche, et il refusait de démarrer, j’ai ressayé, et il refusait de démarrer, et j’ai ressayé de nouveau. J’avançais toujours plus dans le courant, et les chutes étaient juste un peu plus bas. J’essayais très fort, et je me disais: “Oh! la la! C’est
-- c’est ma fin! Ça y est!” Et j’essayais très fort. J’ai dit:
“Seigneur, je T’en prie, ne me laisse pas mourir d’une mort comme celle-là”, et je tirais, et je tirais. |
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Et ça m’est revenu:
“Qu’en est-il de cette racaille vers qui tu n’as pas voulu aller?” Voyez? Ah. |
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J’ai posé ma main sur le bateau, et j’ai dit:
“Ô Dieu, sois miséricordieux envers moi. Ne me laisse pas quitter mon épouse et mon bébé comme ça, alors qu’ils sont là-bas, malades! Je T’en prie!” Et je continuais tout simplement à tirer, comme ça, et il refusait de démarrer. Et j’entendais le rugissement plus bas, parce que je... Juste encore quelques minutes, et, oh! la la! ce serait terminé. J’ai dit:
“Seigneur, si Tu veux me pardonner, je Te promets que je ferai n’importe quoi.”
Je me suis agenouillé dans ce bateau, là, avec la neige fondue qui me frappait le visage, j’ai dit:
“Je ferai tout ce que Tu veux que je fasse.” Et j’ai tiré de nouveau, et il a démarré. J’ai mis pleins gaz, et j’ai fini par arriver au bord. |
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"Mes
amis, ce que je vais vous dire maintenant, que ce soit pour
votre gouverne. Que mes fautes servent à ce que vous
puissiez être bénis. Des amis et des gens de ma parenté
m'ont mis en garde pour m'empêcher d'accepter ce que je savais
être l'appel que Dieu me donnait. On m'a dit que les gens que
j'avais rencontrés à la convention
étaient de la 'racaille'. Plus tard, j'ai découvert, et
je le dis respectueusement, que ce qu'on appelait "de la
racaille", c'était en réalité "le dessus du
panier". On m'a dit que ma femme n'aurait pas assez à
manger, qu'un jour elle mangerait, et que le lendemain elle
serait affamée. D'autres m'ont dit que c'était mon devoir de
rester pour m'occuper de l'oeuvre à Jeffersonville. Je les
ai écoutés, et j'ai fini par décider de ne pas partir. Mes
amis et moi étions bien loin de savoir que huit mois
après, la rivière Ohio allais déborder de son lit et que ma
famille allait être emportée dans la tragédie de cette
terrible inondation.
C'est à ce moment-là que l'onction de
Dieu qui était venue sur moi m'a quitté. Je ne l'ai
vraiment retrouvée que cinq ans plus tard. Mon assemblée, qui
grandissait et qui prospérait jusque-là, s'est mise à
diminuer. Tout allait mal. Comme mon assemblée allait de plus
en plus mal, je ne savais pas quoi faire. C'est là qu'a
commencé la période de ma vie, au moment de la
crue de l'Ohio, qui a coûté tant de vies, et qui a causé
la mort de deux êtres de ceux qui m'étaient les plus chers au
monde." |
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La Mort De Deux Etres Les Plus Chers
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Je suis retourné au camion, au camion de patrouille. Et j’ai pensé... Certains disaient: “Eh, l’édifice gouvernemental vient d’être emporté.” Mon épouse et mon bébé étaient là, les deux bébés. |
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Je suis parti vers l’édifice gouvernemental aussi vite que j’ai pu. Et l’eau le traversait à une hauteur de quinze pieds [quatre mètres
cinquante -- N.D.T.] partout. Il y avait un major là-bas, j’ai dit: “Major, qu’est devenu l’hôpital?” |
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Il a dit: “Ne vous inquiétez pas, là. Y avait-il quelqu’un des vôtres à l’intérieur?” |
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J’ai dit: “Oui, une -- une épouse malade et deux bébés.” |
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Il a dit: “Ils sont tous sortis.” Il a dit:
“Ils sont dans un wagon de marchandises et ils sont en route vers
Charlestown.” |
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J’ai couru, je suis monté sur mon bateau
et... ou, monté dans ma voiture, avec le bateau derrière, et j’ai foncé vers... Et puis, les ruisseaux s’étaient étendus, ils avaient environ deux milles et demi ou trois milles [quatre ou cinq kilomètres
-- N.D.T.] de large. Toute la nuit, j’ai essayé de... Certains disaient:
“Le wagon, le wagon de marchandises, l’eau l’a fait dérailler, là-bas, de sur le travelage.” |
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Eh bien, je me suis retrouvé isolé sur une petite île, je suis resté là trois jours. J’ai eu amplement le temps de réfléchir, à savoir si C’était de la racaille ou pas. Je me débattais:
“Où est ma femme?” |
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Quand j’ai fini par la trouver, quelques jours plus tard, après que je suis sorti de là et que j’ai traversé, elle était là-haut à Columbus, dans l’Indiana, à la salle des baptistes, ils avaient fait un genre
de -- d’hôpital là-bas, des chambres de malades alités sur des brancards du gouvernement. Et j’ai couru la trouver, aussi vite que j’ai pu; j’essayais de voir où elle était, je criais:
“Hope! Hope! Hope!” J’ai regardé, et elle était étendue sur un brancard, la tuberculose s’était déclarée. |
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Elle a levé sa petite main osseuse, et elle a dit:
“Billy.”
J’ai couru la trouver, j’ai dit:
“Hope, ma chérie.”
Elle a dit: “Je suis affreuse à voir, n’est-ce pas?”
J’ai dit: “Non, ma chérie, tu es bien.” |
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Pendant environ six mois, nous avons fait tout en notre pouvoir pour essayer de sauver sa vie, mais elle dépérissait toujours plus, toujours plus. |
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Un jour, je faisais une ronde, j’avais allumé ma radio, et j’ai cru les entendre dire, lancer un appel à la radio, dire: “William Branham est demandé d’urgence à l’hôpital, son épouse est mourante.”
Je suis retourné à toute vitesse à l’hôpital, aussi vite que j’ai pu, j’ai mis la lumière rouge et la sirène en marche, et je suis parti. Quand
je -- je suis arrivé à l’hôpital, je me suis arrêté, je suis entré en courant. En traversant
le -- l’hôpital, j’ai rencontré un de mes copains, -- nous pêchions ensemble, nous sortions ensemble quand nous étions gamins, -- Sam
Adair. |
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Le docteur Sam Adair, c’est celui pour lequel il y a eu cette vision dernièrement, et il lui a été dit ce qu’il en serait de la clinique. Il a dit que, si quelqu’un doutait de la vision, il n’aurait qu’à l’appeler à frais virés; si on voulait vérifier si elle était juste ou pas. |
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Et, donc, le voilà qui arrive comme ça, et il avait son chapeau à la main. Il m’a regardé et il a simplement fondu en larmes. J’ai couru vers lui, je lui ai sauté au cou. Il m’a entouré de ses bras, il a dit:
“Billy, elle s’en va.” Il a dit: “Je suis désolé. J’ai fait tout ce que j’ai pu, j’ai fait venir des spécialistes et tout.” |
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J’ai dit: “Sam, ce n’est pas possible, elle ne s’en va pas!”
Il a dit: “Oui, elle s’en va.”
Et il a dit: “N’y va pas, Bill.”
J’ai dit: “Il faut que j’y aille, Sam.”
Il a dit: “Ne fais pas ça. Non, je t’en prie, ne fais pas ça.”
J’ai dit: “Laisse-moi y aller.”
Il a dit: “J’y vais avec toi.”
J’ai dit: “Non, reste ici. Je veux rester avec elle pendant ses dernières minutes.”
Il a dit: “Elle est inconsciente.” |
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Je suis entré dans la chambre. L’infirmière était assise là, et elle pleurait; c’est qu’elle et Hope avaient été des camarades de classe. Alors, j’ai jeté un coup d’oeil, et elle s’est mise à pleurer, elle a levé sa main. Je me suis approché. |
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Je l’ai regardée, et je l’ai secouée. Elle était là, elle était passée d’environ cent vingt livres [cinquante cinq
kilos -- N.D.T.] à une soixantaine de livres [vingt-sept kilos -- N.D.T.].
Je -- je l’ai secouée. Et, même si je vivais jusqu’à l’âge de cent ans, jamais je n’oublierai ce qui est arrivé. Elle s’est tournée, et ces beaux grands yeux se sont levés vers moi. Elle a souri. Elle a dit: “Pourquoi m’as-tu rappelée, Billy?” |
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J’ai dit: “Chérie, je viens juste d’avoir...
à la radio.” |
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Il fallait que je travaille. Nous étions très endettés, des centaines de dollars d’honoraires de médecins, et rien pour les payer. Il fallait absolument que je travaille. Je la voyais deux ou trois fois par jour, et tous les soirs, et puis, quand elle était dans cet état. |
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J’ai dit: “Qu’est-ce que tu veux dire par là, te ‘rappeler’?”
Elle a dit: “Bill, tu L’as prêché, tu En as parlé, mais tu ne peux pas t’imaginer ce que C’est.” |
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J’ai dit: “De quoi parles-tu?” |
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Elle a dit: “Du Ciel.” Elle a dit: “Écoute,” elle a dit,
“je rentrais à la Maison, escortée de gens, des hommes ou des femmes, ou quelqu’un, ils étaient vêtus de blanc.”
Et elle a dit: “J’étais dans la tranquillité et dans la paix.”
Elle a dit: “De beaux grands oiseaux volaient d’arbre en arbre.” Elle a dit: “Ne pense pas que je divague.”
Elle a dit: “Billy, je vais te dire quelle a été notre erreur.”
Elle a dit: “Assieds-toi.” Je ne me suis pas assis; je me suis agenouillé, je lui ai pris la main. Elle a dit: “Tu sais où nous avons fait notre erreur?” |
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J’ai dit:
“Oui, mon amour, je sais.”
Elle a dit: “Nous n’aurions jamais dû écouter maman. Ces gens-là
étaient dans le vrai.”
Et j’ai dit: “Je sais.”
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Elle a dit: “Promets-moi ceci, que tu vas aller vers ces gens-là,”
elle a dit, “parce qu’ils sont dans le vrai.” Et elle a
dit: “Élève mes enfants comme ça.” Et je... Elle a dit: “Je veux te dire quelque chose.” Elle a
dit: “Je suis mourante, mais”, elle a dit, “c’est...
je ne -- je ne redoute pas de partir.” Elle a dit: “C’est
-- c’est beau.” Elle a dit: “La seule chose, c’est que je n’aime pas te quitter, Bill. Et je sais que tu as ces deux petits enfants à élever.” Elle a
dit: “Promets-moi que -- que tu ne resteras pas seul, et que mes enfants soient ballottés de l’un à l’autre.” C’était raisonnable de la part d’une mère de vingt et un ans.
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Et j’ai dit: “Je ne peux pas promettre ça, Hope.”
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Elle a dit: “Promets-le-moi, je t’en prie.” Elle a
dit: “Il y a une chose que je veux te dire.” Elle a dit: “Tu te souviens de cette carabine?” J’ai vraiment la folie des armes à feu. Elle a
dit: “Tu voulais acheter cette carabine, ce jour-là, et tu n’avais pas assez d’argent pour verser l’acompte.”
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J’ai dit: “Oui.”
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Elle a dit: “J’ai mis de mon argent de côté, mes pièces de cinq cents, pour essayer de verser l’acompte sur cette carabine pour toi.”
Elle a dit: “Alors, quand ce sera fini, et que tu retourneras à la maison, regarde sur le dessus du
sofa... ou, du lit pliant, sous ce morceau de papier qu’il y a sur le dessus, tu trouveras l’argent.”
Elle a dit: “Promets-moi d’acheter cette carabine.”
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Vous ne pouvez pas vous imaginer ce que j’ai ressenti quand j’ai trouvé ce dollar soixante-quinze (en pièces de cinq cents) là. J’ai acheté la carabine.
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Et elle a dit: “Tu te souviens de la fois où tu es allé en ville m’acheter une paire de bas, et nous devions aller à Fort Wayne?”
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J’ai dit: “Oui.”
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J’arrivais de la pêche, et elle m’avait dit... Nous devions aller à Fort Wayne, je devais prêcher ce soir-là. Et elle m’a
dit: “Tu sais, je t’avais dit: ‘Il y en a deux sortes.’” L’une, c’était
“mousseline de soie”. Et l’autre, qu’est-ce que c’est? rayonne? Est-ce que c’est ça?
Rayonne et mousseline. Eh bien, quoi qu’il en soit, c’était ceux en mousseline qui étaient les meilleurs. Pas vrai? Elle a
dit: “Achète-moi ceux en mousseline, là, les fashionables.” Vous savez, ce sont ceux qui ont le petit truc à l’arrière du bas, là, en haut? Je ne m’y connaissais pas du tout en vêtements pour dames, alors je...
Et je descendais la rue, en
disant: “Mousseline, mousseline, mousseline, mousseline,” j’essayais de me concentrer là-dessus,
“mousseline, mousseline, mousseline.”
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Quelqu’un disait: “Bonjour, Billy!”
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Je disais: “Oh, bonjour, bonjour.” “Mousseline, mousseline, mousseline, mousseline, mousseline.”
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Je suis arrivé au coin et j’ai rencontré M.
Spon. Il a
dit: “Hé, Billy, sais-tu que la perche mord là-bas, près du dernier pilier?”
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J’ai dit: “Ah oui, c’est vrai, ça?
-- Oui.”
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J’ai pensé, là, quand je l’ai
quitté: “Qu’est-ce que c’était, déjà?” J’avais oublié.
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Alors, Thelma Ford, une jeune fille que je connaissais, elle travaillait au petit magasin à rayons. Je savais qu’ils vendaient des bas pour dames là-bas, alors j’y suis allé. J’ai
dit: “Bonjour, Thelma.”
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Elle a dit: “Bonjour, Billy. Comment vas-tu? Comment va Hope?”
J’ai dit: “Bien.”
J’ai dit: “Thelma, je voudrais une paire de chaussettes pour Hope.”
Elle a dit: “Hope ne veut pas de chaussettes.”
J’ai dit: “Oui, madame, absolument.”
Elle a dit: “Tu veux dire des bas.”
“Oh, bien sûr,” j’ai dit,
“c’est ça.” Je me suis dit: “Oh-oh, je viens d’étaler mon ignorance.”
Elle a dit: “Elle en veut de quelle sorte?”
Je me suis dit: “Oh-oh!”
J’ai dit: “Vous en avez de quelle sorte?”
Elle a dit: “Eh bien, nous en avons en rayonne.”
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Je ne connaissais pas la différence. Rayonne, mousseline, pour moi, c’était tout pareil. J’ai
dit: “C’est ce que je veux.” Elle a dit... J’ai dit: “Prépare-m’en une paire, des fashionables.”
Et elle... Je ne le dis pas comme il faut. Qu’est-ce que c’est?
Fully-fashioned. “Fully-fashioned.” Alors, j’ai dit: “Prépare-m’en une paire de ceux-là.”
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Et au moment de me les remettre, voilà qu’ils ne coûtaient qu’environ trente cents, vingt cents ou trente cents, environ la moitié du prix. Eh bien, j’ai
dit: “Donne-m’en deux paires.” Voyez?
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Je suis retourné à la maison, et j’ai
dit: “Sais-tu, chérie, vous les femmes, vous courez les magasins, vous faites le tour de la ville pour trouver des soldes.”
Vous savez comme on aime faire cocorico. Et j’ai dit: “Mais, écoute, regarde ça, j’en ai acheté deux paires pour le même prix que toi tu en achètes une. Tu vois?”
J’ai dit: “Oh, ça -- ça, c’est une aptitude personnelle à moi.”
Voyez? J’ai dit -- j’ai dit: “Tu sais, c’est Thelma qui me les a vendus.”
J’ai dit: “Peut-être qu’elle me les a laissés à moitié prix.”
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Elle a dit: “As-tu pris ceux en mousseline?”
J’ai dit: “Oui, madame.” Pour moi, c’était tout pareil, je ne savais pas qu’il y avait une différence.
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Alors elle m’a dit, elle a dit: “Billy.” J’avais trouvé ça bizarre, quand nous sommes arrivés à Fort Wayne, il a fallu qu’elle aille acheter une autre paire de bas. Elle a
dit: “Je les ai donnés à ta mère,” elle a dit, “ceux-là, c’est pour les femmes plus âgées.”
Elle a dit: “Je regrette d’avoir fait ça.”
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J’ai dit: “Oh, ça ne fait rien, chérie.”
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Elle a dit: “Maintenant, ne -- ne reste pas seul.”
Et elle a dit... Elle ne savait pas ce qui allait arriver quelques heures plus tard. J’ai tenu ses mains chéries, pendant que les Anges de Dieu l’emportaient.
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Je suis rentré à la maison. Je ne savais pas quoi faire. Je me suis étendu là, cette nuit-là, et j’ai
entendu... je pense que c’était une petite souris dans le vieux foyer où nous avions mis du papier. J’ai fermé la porte avec mon pied, et son kimono était là, accroché derrière la porte (et elle qui gisait là-bas à la morgue). Peu de temps après, quelqu’un m’a appelé, en
disant: “Billy!” C’était Frère Frank Broy. Il a dit: “Ton bébé est mourant.”
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J’ai dit: “Mon bébé?”
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Il a dit: “Oui, Sharon Rose.” Il a
dit: “Le docteur est là en ce moment, et il dit qu’ ‘elle a une méningite tuberculeuse, elle l’a attrapée de sa mère’.”
Il a dit: “Elle est mourante.”
J’ai pris ma voiture, je me suis rendu là-bas. Elle était là, un amour de petit être. Et ils l’ont transportée d’urgence à l’hôpital.
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Je suis allé
le voir; Sam est monté, il a dit: “Billy, ne va surtout pas dans
cette chambre, tu dois penser à Billy Paul.” Il a dit: “Elle est
mourante.”
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J’ai dit: “Doc, il -- il faut que je voie mon bébé.”
Il a dit: “Non, tu ne peux pas entrer.” Il a
dit: “Elle a une méningite, Billy, et tu la passerais à Billy Paul.”
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J’ai attendu qu’il parte. Je ne pouvais pas supporter de la voir mourir, et sa mère qui gisait là-bas, chez l’entrepreneur de pompes funèbres.
Je vous le dis, la voie du transgresseur est rude. Alors
je -- j’y suis allé, j’ai ouvert la porte doucement, et quand Sam a été parti et l’infirmière aussi, je suis descendu dans le sous-sol. C’est un tout petit hôpital. Elle était en isolement. Et les mouches allaient sur ses petits yeux; ils avaient mis un
petit... ce qu’on appelle “de la mousseline de moustiquaire” ou un petit morceau de tulle sur ses yeux. Et
elle... sa petite jambe potelée remuait vivement, comme ça, secouée d’un petit spasme, et ses petites mains, secouées de ce spasme. Je l’ai regardée, et elle était juste assez grande pour être mignonne, elle avait environ huit mois.
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Sa mère l’installait dehors, avec sa petite couche, vous savez, dans la cour, quand j’arrivais. Je klaxonnais, et elle faisait
“gou-gou, gou-gou”, elle tendait les bras vers moi, vous savez.
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Et ma chérie était étendue là, mourante. J’ai baissé les yeux vers elle, et j’ai
dit: “Sharry, tu reconnais papa? Tu reconnais papa, Sharry?” Et, quand elle a regardé... Elle souffrait tellement qu’un des ses beaux petits yeux bleus louchait. C’est comme si on m’avait arraché le coeur.
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Je me suis agenouillé, j’ai dit: “Seigneur, qu’est-ce que j’ai fait? Est-ce que je n’ai pas prêché l’Évangile au coin des rues? J’ai fait tout ce que j’ai pu. Ne m’impute pas ça. Je n’ai jamais appelé ces gens-là de la
‘racaille’. C’est elle qui a appelé ces gens-là de la ‘racaille’.” J’ai
dit: “Je regrette tout ce qui est arrivé. Pardonne-moi. Ne -- ne reprends pas mon bébé.”
Et, pendant que je priais, c’est comme si un... une espèce de rideau ou de tissu noir était descendu. Je savais qu’Il me l’avait refusé.
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Or, celui-là a été le moment le plus difficile et le plus perfide de ma vie. Quand je me suis relevé et que je l’ai regardée, alors j’ai pensé... Satan m’a mis dans la
tête: “Eh bien, tu veux dire qu’après avoir prêché aussi énergiquement, et mené la vie que tu as menée, maintenant, quand il s’agit de ton propre bébé, Il va te refuser ça?”
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J’ai dit: “C’est vrai. S’Il ne peut pas sauver mon bébé, alors je ne peux pas...” Je me suis arrêté.
Je -- je ne savais vraiment pas quoi faire. Et alors, j’ai dit ceci, j’ai
dit: “Seigneur, Tu me l’as donnée, et Tu l’as reprise, béni soit le Nom du Seigneur! Même si Tu me reprenais moi aussi, je T’aimerais quand même.”
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J’ai posé ma main sur elle, j’ai dit: “Sois bénie, ma chérie. Papa aurait voulu t’élever, de tout mon coeur j’aurais voulu t’élever, et t’élever pour que tu aimes le Seigneur. Mais les Anges vont venir te chercher, ma chérie. Papa va prendre ton petit corps et le mettre dans les bras de maman. Je vais t’enterrer avec elle. Et, un jour, papa ira te retrouver, tu n’as qu’à attendre là-haut avec maman.”
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Au moment de sa mort, sa mère a dit, les derniers mots qu’elle a prononcés, elle a
dit: “Billy, reste sur le champ de travail.”
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J’ai dit: “Je...” Elle a dit... J’ai
dit: “Si je suis sur le champ de travail quand Il viendra, j’irai chercher les enfants pour te rejoindre. Sinon, je serai enterré près de toi. Va te poster à droite de la grande porte, et quand tu les verras tous entrer, tiens-toi là et mets-toi à crier ‘Bill! Bill! Bill!’ de toutes tes forces. Je te rejoindrai là-bas.”
Je lui ai dit au revoir en l’embrassant. Je suis sur le champ de bataille aujourd’hui. Il y aura bientôt vingt ans de ça. J’ai un rendez-vous avec mon épouse, je vais la rejoindre.
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Quand il
est mort, j’ai pris le petit bébé, et je l’ai mis dans les bras de
sa mère, et nous l’avons emmené au cimetière. Je me suis tenu là,
à écouter Frère Smith, le prédicateur méthodiste qui a prêché aux
funérailles: “Cendres aux cendres, et poussière à la poussière.”
(Et j’ai pensé: “Coeur à coeur.”) Elle est partie. |
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