Sharon Rose Branham

Sharon Rose Branham

papianim

      "Mes amis, c'était simplement un paradis sur terre. Nous le partagions ensemble, elle et moi. J'étais déjà converti en ce temps, j'étais devenu un prédicateur et je prêchais, et j'aimais le Seigneur de tout mon coeur, et nous nous aimions l'un l'autre. Et c'est tout ce qui nous importait.

 

Le drame

 

      Écoutez. Le bonheur ne consiste pas dans la multitude des bien du monde qu'on possède, mais dans la satisfaction qu'on tire de la portion qui nous est allouée. C'est vrai. Souvenez-vous-en. C'est tout ce que nous possédions. Nous étions heureux et amoureux. J'avais là-bas une petite église que les gens avaient bâtie pour moi; le petit Tabernacle se tient aujourd'hui encore comme un mémorial. Et nous y venons tous, de grandes foules, de loin et de près, tout autour du pays, pour entendre l'Évangile simple. Nous passions simplement des moments merveilleux.

 * * * * * * *

     Ma femme avait attrapé une pneumonie. Le petit vieux Dr Adair, je ne l'oublierai jamais. Il est venu. Nous sommes des copains. Nous pêchions ensemble, et nous chassions ensemble, et tout; c'est l'un des meilleurs docteurs, des meilleurs médecins qu'il y ait dans le pays. Et il... Nous avons été à l'école ensemble. Il est venu là-bas, et l'a regardée; il a dit: "Billy", il a dit: "cette fille a la pneumonie." Je venais de lui remettre son cadeau de Noël. Il -- il n'a jamais...

     Dieu nous avait donné un petite fille entre temps , la petit Sharon Rose. Je ne pouvais pas l'appeler Rose de Sharon, mais je pouvais l'appeler Sharon Rose. Et je l'ai nommée Sharon Rose. Dieu nous l'avait donnée, et elle était une douce rondelette de petite, et nous l'aimions tellement. Elle avait un endroit où sa mère la plaçait dans sa petite "cage à quatre côtés", vous savez, là dans la cour; et quand j'arrivais, je faisais retentir le klaxon de la voiture comme ça. Elle le reconnaissait et levait ses petits bras, et faisait : "Gouh, gouh, gouh, gouh." Oh là là, comme j'aimais cette petite grosse pomme en chair humaine. Je la serrais sur mon sein et l'embrassais, et je l'aimais. Mon petit garçon...

     Les petits enfants, je les aime simplement, et Dieu m'en avait donnés. Je les prenais tous deux sur mon dos, à cheval, et je gambadais en rond, vous savez, nous étions aussi heureux que nous pouvions l'être; rien...?... l'ordre mais simplement... Elle n'avait que deux enfants en l'espace d'un peu plus de trois ans.

 

* * * * * * *

     Je suis rentré à la maison. Je ne savais pas quoi faire. Je me suis étendu là, cette nuit-là, et j’ai entendu... je pense que c’était une petite souris dans le vieux foyer où nous avions mis du papier. J’ai fermé la porte avec mon pied, et son kimono était là, accroché derrière la porte (et elle qui gisait là-bas à la morgue). Peu de temps après, quelqu’un m’a appelé, en disant: “Billy!” C’était Frère Frank Broy. Il a dit: “Ton bébé est mourant.”


     J’ai dit: “Mon bébé?”


     Il a dit: “Oui, Sharon Rose.” Il a dit: “Le docteur est là en ce moment, et il dit qu’ ‘elle a une méningite tuberculeuse, elle l’a attrapée de sa mère’.” Il a dit: “Elle est mourante.”


     J’ai pris ma voiture, je me suis rendu là-bas. Elle était là, un amour de petit être. Et ils l’ont transportée d’urgence à l’hôpital. Je suis allé le voir; Sam est monté, il a dit: “Billy, ne va surtout pas dans cette chambre, tu dois penser à Billy Paul.” Il a dit: “Elle est mourante.”


     J’ai dit: “Doc, il--il faut que je voie mon bébé.”
Il a dit: “Non, tu ne peux pas entrer.” Il a dit: “Elle a une méningite, Billy, et tu la passerais à Billy Paul.”

     J’ai attendu qu’il parte. Je ne pouvais pas supporter de la voir mourir, et sa mère qui gisait là-bas, chez l’entrepreneur de pompes funèbres. Je vous le dis, la voie du transgresseur est rude. Alors je -- j’y suis allé, j’ai ouvert la porte doucement, et quand Sam a été parti et l’infirmière aussi, je suis descendu dans le sous-sol. C’est un tout petit hôpital. Elle était en isolement. Et les mouches allaient sur ses petits yeux; ils avaient mis un petit... ce qu’on appelle “de la mousseline de moustiquaire” ou un petit morceau de tulle sur ses yeux. Et elle... sa petite jambe potelée remuait vivement, comme ça, secouée d’un petit spasme, et ses petites mains, secouées de ce spasme. Je l’ai regardée, et elle était juste assez grande pour être mignonne, elle avait environ huit mois.


     Sa mère l’installait dehors, avec sa petite couche, vous savez, dans la cour, quand j’arrivais. Je klaxonnais, et elle faisait “gou-gou, gou-gou”, elle tendait les bras vers moi, vous savez.


     Et ma chérie était étendue là, mourante. J’ai baissé les yeux vers elle, et j’ai dit: “Sharry, tu reconnais papa? Tu reconnais papa, Sharry?” Et, quand elle a regardé... Elle souffrait tellement qu’un des ses beaux petits yeux bleus louchait. C’est comme si on m’avait arraché le coeur.

     Je me suis agenouillé, j’ai dit: “Seigneur, qu’est-ce que j’ai fait? Est-ce que je n’ai pas prêché l’Évangile au coin des rues? J’ai fait tout ce que j’ai pu. Ne m’impute pas ça. Je n’ai jamais appelé ces gens-là de la ‘racaille’. C’est elle qui a appelé ces gens-là de la ‘racaille’.” J’ai dit: “Je regrette tout ce qui est arrivé. Pardonne-moi. Ne -- ne reprends pas mon bébé.” Et, pendant que je priais, c’est comme si un... une espèce de rideau ou de tissu noir était descendu. Je savais qu’Il me l’avait refusé.


     Or, celui-là a été le moment le plus difficile et le plus perfide de ma vie. Quand je me suis relevé et que je l’ai regardée, alors j’ai pensé... Satan m’a mis dans la tête: “Eh bien, tu veux dire qu’après avoir prêché aussi énergiquement, et mené la vie que tu as menée, maintenant, quand il s’agit de ton propre bébé, Il va te refuser ça?”


     J’ai dit: “C’est vrai. S’Il ne peut pas sauver mon bébé, alors je ne peux pas...” Je me suis arrêté. Je -- je ne savais vraiment pas quoi faire. Et alors, j’ai dit ceci, j’ai dit: “Seigneur, Tu me l’as donnée, et Tu l’as reprise, béni soit le Nom du Seigneur! Même si Tu me reprenais moi aussi, je T’aimerais quand même.”


     J’ai posé ma main sur elle, j’ai dit: “Sois bénie, ma chérie. Papa aurait voulu t’élever, de tout mon coeur j’aurais voulu t’élever, et t’élever pour que tu aimes le Seigneur. Mais les Anges vont venir te chercher, ma chérie. Papa va prendre ton petit corps et le mettre dans les bras de maman. Je vais t’enterrer avec elle. Et, un jour, papa ira te retrouver, tu n’as qu’à attendre là-haut avec maman.”

     Au moment de sa mort, sa mère a dit, les derniers mots qu’elle a prononcés, elle a dit: “Billy, reste sur le champ de travail.”


     J’ai dit: “Je...” Elle a dit... J’ai dit: “Si je suis sur le champ de travail quand Il viendra, j’irai chercher les enfants pour te rejoindre. Sinon, je serai enterré près de toi. Va te poster à droite de la grande porte, et quand tu les verras tous entrer, tiens-toi là et mets-toi à crier ‘Bill! Bill! Bill!’ de toutes tes forces. Je te rejoindrai là-bas.” Je lui ai dit au revoir en l’embrassant. Je suis sur le champ de bataille aujourd’hui. Il y aura bientôt vingt ans de ça. J’ai un rendez-vous avec mon épouse, je vais la rejoindre.


     Quand il est mort, j’ai pris le petit bébé, et je l’ai mis dans les bras de sa mère, et nous l’avons emmené au cimetière. Je me suis tenu là, à écouter Frère Smith, le prédicateur méthodiste qui a prêché aux funérailles: “Cendres aux cendres, et poussière à la poussière.” (Et j’ai pensé: “Coeur à coeur.”) Elle est partie.

     Les jours ont passé. Je n’arrivais pas à oublier. J’essayais de travailler. Je ne pouvais pas retourner à la maison, ce n’était plus chez moi. Et je voulais rester là. Nous n’avions rien d’autre que ces vieux meubles en mauvais état, mais c’était quelque chose dont nous avions profité ensemble, elle et moi. C’était chez nous.

     Et je me souviens, un jour, j’essayais de travailler, pour les services publics. J’étais allé réparer une vieille ligne secondaire qui s’était détachée, c’était très tôt le matin. J’ai escaladé cette croix. (Je ne pouvais pas renoncer à mon bébé. Je pouvais comprendre que ma femme s’en aille, mais que ce bébé s’en aille, ce n’était qu’un tout petit être.) Et j’étais là-haut, je chantais: “Là-haut sur la colline, une Croix faite de bois rugueux.” Les lignes primaires arrivaient au transformateur, et repartaient par (vous savez) les secondaires. Et j’étais monté là-haut. Tout à coup j’ai regardé, et le soleil se levait, derrière moi. Et là, avec mes mains tendues, et la forme de la Croix sur la -- sur la colline, j’ai pensé: “Oui, ce sont mes péchés qui L’ont amené là.”


     J’ai dit: “Sharon, ma chérie, papa a tellement envie de te voir, chérie. Comme j’aimerais te tenir de nouveau dans mes bras, mon petit ange.” Je déraisonnais. Quelques semaines avaient passé. J’ai retiré mon gant de caoutchouc. C’était du deux mille trois cents volts qui passait là, juste à côté de moi. J’ai retiré mon gant de caoutchouc. J’ai dit: “Ô Dieu, je n’aime pas faire ça. Je suis un lâche.” “Mais, Sharry, papa va vous revoir, toi et maman, dans quelques minutes.” J’ai commencé à enlever mon gant pour poser ma main sur ce fil de deux mille trois cents volts. Ça briserait... Mais, il ne resterait même plus de sang en vous. Donc, je -- je --je commençais à enlever ce gant, et il s’est passé quelque chose. Quand je suis revenu à moi, j’étais assis sur le sol, avec les mains sur le visage, comme ceci, je pleurais. C’était la grâce de Dieu; sinon je ne serais pas ici à faire un service de guérison, ça, j’en suis sûr. C’était Lui, Il protégeait Son don, pas moi.

     Je suis arrivé par le côté de la maison, et j’ai pris le courrier dans la maison, il faisait un peu froid, je suis entré. Nous avions une petite chambre, je dormais sur un petit lit de camp, là; les gels allaient commencer, et ce vieux poêle... J’ai pris le courrier, j’ai regardé ce qu’il y avait comme courrier, et, sur le dessus, la première chose, c’était ses petites économies de Noël, quatre-vingts cents: “Mademoiselle Sharon Rose Branham.” Et voilà que ça recommençait.


     J’avais été garde-chasse. J’ai pris mon revolver, mon pistolet, je l’ai sorti de l’étui. J’ai dit: “Seigneur, je -- je ne peux plus supporter ça, je suis -- je suis en train d’y laisser mes os. Je suis -- je suis si tourmenté.” J’ai abaissé le chien du revolver, je l’ai appuyé contre ma tête, en m’agenouillant sur ce lit de camp, là, dans cette chambre sombre. J’ai dit: “Notre Père qui es aux Cieux, que Ton Nom soit sanctifié. Que Ton Règne vienne, que Ta volonté soit faite”, et j’essayais, j’appuyais sur la détente de toutes mes forces, je disais, “sur la terre comme au Ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien.” Et le coup ne voulait pas partir!

     J’ai pensé: “Ô Dieu, vas-Tu me démolir complètement? Qu’est-ce que j’ai fait? Tu ne veux même pas me laisser mourir.” J’ai jeté le revolver par terre, et le coup est parti, la balle a traversé la pièce. J’ai dit: “Ô Dieu, pourquoi ne puis-je pas mourir et en finir? Je ne peux vraiment plus continuer. Il faut que Tu fasses quelque chose pour moi.” Je me suis laissé tomber, j’ai fondu en larmes sur ma petite couchette sale, là.


     J’ai dû m’endormir. Je ne sais pas si je dormais ou quoi.

 
     J’ai toujours rêvé d’aller dans l’Ouest. J’ai toujours désiré avoir un de ces chapeaux. Dans son jeune temps, mon père dressait les chevaux, et j’ai toujours désiré avoir un de ces chapeaux. Et Frère Demos Shakarian m’en a acheté un hier, c’est le premier que j’ai (que j’aie jamais eu) comme ça, un de ces chapeaux style western.

2011 Sharon Rose Branham.
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